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Crédit photo: Pixabay

La Transformerie lance un laboratoire sur le gaspillage alimentaire

23 novembre 2021 | Par Sophie Poisson

La Transformerie, un organisme à but non lucratif montréalais qui se donne pour mission d’enrayer le gaspillage alimentaire, souhaite mettre en place un laboratoire vivant à l’échelle du Québec. L’objectif est de le lancer au printemps 2022 pour co-créer des solutions pour réduire le gaspillage à la source. Pour ce faire, une campagne de dons est ouverte jusqu’à la fin novembre, avec l’objectif de récolter 50 000 $.

En 2019, La Transformerie a mis sur le marché des tartinades, marmelades et sauces sous le nom Les Rescapés qui se veulent être une démonstration de la qualité des invendus d’épicerie. Une tonne de nourriture est ainsi récupérée chaque semaine dans dix établissements de Rosemont-Petite-Patrie - et cela ne représente pas tous leurs invendus. Selon les recherches de La Transformerie, la soixantaine d’épiceries présentes dans l’arrondissement totaliserait à elle seule 25 tonnes d’invendus par semaine. Or, l’objectif à terme est que Les Rescapés ne soit plus nécessaire.

La Transformerie a donc décidé de passer à l’étape suivante : « On n’a pas la prétention de faire ça seuls, assure son co-initiateur et directeur général, Guillaume Cantin. Dans une perspective constructive et collective, le laboratoire vivant est intéressant parce que ce sont les commerçants et les bannières d’alimentation qui deviennent les porteurs du projet. »

L’intention est de rallier un maximum de détaillants alimentaires à travers la province pour prendre en considération les différentes réalités territoriales et pouvoir développer par la suite des solutions à plus grande échelle. « On pense que les commerçants vont vouloir embarquer parce que pour eux, le gaspillage alimentaire représente des pertes financières. Et si un travail a déjà été effectué en ce sens par plusieurs, il n’y a généralement pas de département dédié. » Les avantages du laboratoire seraient de réduire les coûts de recherche et les cycles de développement de solutions fonctionnelles car le travail sera en constante évolution, en conditions réelles, avec des experts.

D’autres contributeurs sont également attendus, comme des organisations de recherche, des personnes spécialisées en processus d’innovation ou encore le gouvernement. Après la campagne de dons, des fondations seront également approchées et des programmes gouvernementaux seront visés pour obtenir un soutien financier.

« Commencer avec les détaillants alimentaires »

Des recherches vont être menées pour faire un inventaire des meilleures pratiques à travers le monde - par exemple le prix dynamique, qui permet d’afficher de façon automatique et en lien avec l’inventaire des spéciaux pour des produits proches de la date de péremption. L’exploration et la cocréation se feront aussi auprès de détaillants alimentaires. S’ensuivra le prototypage pour faire des tests sur des solutions, puis l’évaluation avant de le tester à différentes échelles pour voir l’appropriation, et, si c’est positif, le déploiement.

« On va commencer avec les détaillants alimentaires avec qui on a développé des relations de confiance et une expérience. Si l’on obtient les résultats attendus, on trouverait intéressant d’adapter le modèle pour travailler avec les autres secteurs, par exemple la distribution et, à terme, faire des échanges avec d’autres pays pour s’entraider et faire grandir le projet », annonce Guillaume Cantin. De manière plus générale, la volonté est de contribuer à atteindre la cible de la Food and Agriculture Organization of the United Nations, qui est de réduire de 50 % le gaspillage alimentaire d’ici 2030.

Parallèlement, le directeur général cite l’organisme à but non lucratif Drawdown, qui regroupe 70 chercheurs reconnus mondialement et travaille avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat : « Ils ont démontré que pour contrer les changements climatiques et ne pas dépasser la hausse des 2°C d’ici 2050, la solution prioritaire à mettre en place est de réduire le gaspillage alimentaire... »

Pour suivre La Transformerie :

Mots-clés: Québec
Développement durable