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Crédit photo: Réseau des fermiers-ères de famille

Le Réseau des fermiers-ères de famille fête ses 25 ans

20 avril 2021 | Par Sophie Ginoux

En l’espace d’un quart de siècle, les activités, la mise en marché et la philosophie guidant le Réseau des fermiers·ères de famille a séduit un nombre croissant de consommateurs.

En 1996, lorsque le Réseau a été lancé par Équiterre pour promouvoir l’agriculture soutenue par la communauté (ASC), il ne comptait alors que sept fermes participantes, qui desservaient 250 familles en légumes et en fruits biologiques, frais et locaux. Mais entre 2019 et 2020, ce groupe désormais fort de 145 fermes a bondi de 19 200 à plus de 28 000 familles abonnées… soit une hausse de 46 % ! 60 % de l’offre a déjà trouvé preneur auprès de ces mêmes abonnés pour 2021.

« C’est un partenariat gagnant à la fois pour les fermiers – et fermières, qui représentent presque la moitié des producteurs ! – et les consommateurs, explique la porte-parole du 25 e anniversaire du Réseau, la nutritionniste gourmande et adepte d’alimentation de proximité Julie Aubé. Grâce aux abonnements, les premiers peuvent planifier leur production en termes de dépenses, de semis et de travailleurs. Quant aux abonnés, ils ont accès à une belle variété de légumes et de fruits biologiques de leur région, souvent cueillis le jour-même ou la veille. Ils cultivent donc ensemble une proximité géographique, mais aussi humaine et solidaire. »

Une formule diversifiée et flexible

Pour bénéficier des services des fermiers du Réseau, les consommateurs sont invités à se rendre sur le site web du groupe. Selon leur code postal, ils ont accès à une sélection de fermes, qui ont toutes des spécialités différentes et proposent plusieurs formats d’abonnement.

« Il ne faut pas penser que le contenu du panier hebdomadaire est toujours imposé, confirme Julie Aubé. Certaines fermes offrent des moitiés de paniers prémontés et laissent leurs abonnés choisir le reste des ingrédients. D’autres organisent aussi des mini-marchés en disposant leurs produits sur une table, de manière à ce que les abonnés constituent eux-mêmes leur panier. Bref, l’offre est flexible, ce qui plaît beaucoup aux consommateurs. »

Étant donné que les semis sont réalisés en fonction des abonnements, et que les paniers ont de plus en plus de succès, il est recommandé de s’inscrire assez tôt. « Les premières fermes lancent leurs abonnements au mois de février ou de mars, alors si on veut s’inscrire au mois de juin pour les paniers estivaux, il y a de bonnes chances que ce soit impossible ou qu’on atterrisse sur une liste d’attente. »

Manger local à l’année

Les retardataires et, plus globalement, les consommateurs qui souhaitent se nourrir de proximité tout au long de l’année, ont néanmoins une autre option, celle des paniers hivernaux. Moins connus que leurs pairs estivaux, mais promis à un bel avenir, ces paniers sont selon Julie Aubé étonnamment diversifiés : « On y retrouve bien sûr des pommes de terre et des navets, mais aussi des carottes, betteraves, radis, céleris-raves, endives, choux, courges, échalotes et bien d’autres choses encore, grâce notamment à la collaboration de plusieurs fermes. Et comme il s’agit de légumes de conservation, la livraison des paniers se fait aux deux semaines. » Une option que l’on peut saisir en s’inscrivant sur le site du Réseau aux mois d’août et de septembre.

En outre, comme Julie Aubé le répète régulièrement dans ses articles et dans ses livres, comme son récent Manger local ! (Éditions de l’Homme 2020), il existe plusieurs solutions pour manger local à l’année au Québec : s’adapter à la saisonnalité des produits locaux, conserver les aliments sous différentes formes, et concevoir des menus du produit à la recette et non le contraire. « Et aller à la rencontre des producteurs, évidemment ! ajoute-t-elle. Ces visites représentent de belles activités agrotouristiques ou solidaires pour ceux qui participent à des corvées. »

Célébrer, outiller et remercier

Dans le cadre de son 25 e anniversaire, le Réseau des fermiers·ères de famille, qui a revampé et féminisé son logo pour l’occasion, souhaite accompagner l’engouement dont il fait l’objet d’un message central : « On s’outille pour passer à l’action ». Julie Aubé souscrit totalement à cette vision. « L’offre du Réseau constitue une solution d’approvisionnement permettant de "manger près" dans tous les sens du terme : près de chez soi, près de la nature, près des aliments et près des gens. » Elle invite donc les consommateurs à se mettre en mode solution pour encourager leurs producteurs, leur environnement et leur autonomie alimentaire.

Le Réseau profite également de cet anniversaire pour remercier les détaillants partenaires de son développement, dont Métro qui octroie depuis dix ans aux fermiers 50espaces de points de livraison dans des supermarchés Métro et Super C à travers la province. La SAQ, Exo et les magasins Renaissance proposent aussi des points de cueillette dans certaines de leurs installations.

Pour suivre le Réseau des fermiers·ères de famille :

Mots-clés: Canada
Québec
marché de fruits et de légumes
marché public