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« La bouffe de notre mer » : Une campagne pour se réapproprier les richesses maritimes

1er mars 2021 | Par Sophie Ginoux

Cette année, les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie, de la Côte-Nord et des Îles-de-la-Madeleine s’unissent pour inviter les Québécois à découvrir ou redécouvrir l’abondance, la fraîcheur et la qualité des produits maritimes du Québec, qui ne se fraient pas encore facilement un chemin jusqu’à leurs assiettes.

Propulsée par l’organisme Québec maritime , la campagne « La bouffe de notre mer » ̶ le terme « mer » est utilisé parce que l’eau du fleuve Saint-Laurent est salée dans ces régions ̶ débute ce lundi via une plateforme web dédiée , et parallèlement avec des initiatives, des articles et des animations menés avec des chefs, des pêcheurs, des producteurs et des transformateurs. « Notre but est d’intéresser les gens à des produits qu’ils ne connaissent peut-être pas, mais qui vivent dans le Saint-Laurent et méritent d’être plus accessibles », avance Suzie Loiselle, de Québec maritime.

Des produits méconnus et mal aimés

Le programme Fourchette Bleue le répète chaque année en dressant une liste d’une trentaine de richesses maritimes à découvrir : le fleuve Saint-Laurent regorge de poissons, crustacés, mollusques et ressources halieutiques intéressants, tels que l’anguille, l’esturgeon noir ou l’oursin.

Comme le souligne Colombe Saint-Pierre, cheffe de l’année 2018 aux Lauriers de la gastronomie québécoise et copropriétaire du restaurant Chez St-Pierre au Bic, « les Québécois ne connaissent pas ces produits parce qu’ils les ont perdus de vue, un peu abandonnés au fil des années. Mais nous vivons avec la pandémie une époque mémorable qui nous pousse à requestionner notre rapport à l’alimentation, et nous sommes de plus en plus conscientisés à ce qui se passe ici, chez nous. Il y a en ce moment un engouement incroyable pour nos produits et nos régions ! »

Participer à l’autonomie alimentaire

Les produits maritimes du Québec, qu’ils soient pêchés ou cultivés, ne sont pas encore très accessibles chez nos détaillants en raison d’une faible demande locale et d’une large exportation ̶ 80 à 90 % d’entre eux partent pour l’étranger. C’est ce que l’opération « La bouffe de notre mer », ainsi que des initiatives diverses menées par Exploramer ou par le Collectif Manger le Saint-Laurent, dont fait partie Colombe Saint-Pierre, tendent à changer.

« Alors que nous parlons de plus en plus d’autonomie alimentaire, et ce même l’hiver puisque nous sommes un pays nordique, il suffirait d’acheter davantage de ces produits et de les proposer dans les épiceries tout au long de l’année pour permettre aux consommateurs d’avoir accès, à un prix plus compétitif, à des ressources locales, fraîches et de meilleure qualité que celles qui sont importées », indique la cheffe.

Elle intègre dans ces produits maritimes ceux de saison, qui s’achètent et se consomment frais, mais aussi ceux qui peuvent se présenter en conserve, surgelés et secs. « En misant sur ces ressources, qui peuvent être pêchées d’avril à novembre, mais aussi transformées pour être consommables en tout temps, nous pouvons participer à un système de pêche durable et à un écosystème sain », appuie Suzie Loiselle.

Des recettes à la tonne

Pour ceux qui hésitent à se procurer des produits marins du Québec qu’ils ne connaissent pas, le site web « Bouffe ta mer » propose plein d’astuces et de recettes. La mactre de Stimpson en conserve, par exemple, est semble-t-il idéale à préparer en chaudrée ou avec des pâtes, puisqu’elle se présente déjà sous forme de fines lanières. Les harengs fumés peuvent être consommés tels quels ou intégrés dans de l’huile. Quant aux utilisations des algues et plantes du bord du fleuve, elles sont multiples, puisque celles-ci peuvent aussi bien s’associer avec du poisson qu’être ajoutées à des salades, ou encore mariées avec de la viande rouge ou du gibier auxquels elles donneront un arôme de terre-mer.

Site web : https://www.quebecmaritime.ca/

Mots-clés: Québec
poissonnerie